Démarche

Préambule:

Décrire ma démarche artistique m'ayant toujours causé problème, j'ai décidé de m'en remettre au Robert. D'après celui-ci, une démarche est 1) une manière de marcher (au sens littéral); 2) une manière d'agir (au sens abstrait) et, par extension, 3) une manière de progresser. Voici donc comment progresse l'élaboration de mes tableaux.

Description:

En résumé, ma démarche en arts visuels privilégie le lâcher prise en souhaitant que l'inspiration soit au rendez-vous et la technique assez solide pour me permettre de résoudre un tableau à partir du moment où il s'est suffisamment révélé pour que je puisse le poursuivre et ultimement l'achever.

Ainsi, dans un premier temps, ma démarche pourrait ressembler à celle d'un automatiste car la plupart du temps mes tableaux prennent naissance au sein de l'informe, voire du chaos total, sans idée préconçue. En effet, j'applique tout simplement des masses de peinture, au pinceau ou au couteau, jusqu'à ce que le tableau, déjà riche de matière, commence à émerger du Bing Bang. Cela se produit par le biais d'une forme ou d'une ligne qui attire davantage mon attention que le reste, ou alors par une couleur ou une palette qui me suggère un thème ou suscite une émotion. Émotion qui peut être d'ordre purement esthétique, surtout lorsque le tableau s'avère plutôt abstrait, mais qui peut aussi naître du thème lui-même lorsqu'il est suggéré ou évoqué par le biais de la figuration.

Une fois que "je tiens" le tableau comme un pêcheur qui viendrait d'hameçonner sa prise, que le tableau a donc pris à mes yeux un sens particulier, qu'il s'est pour ainsi dire révélé à ma conscience, ma démarche s'écarte alors de l'automatisme. Ici s'éclipse un peu dans mon esprit la phase de création proprement dite (si créer veut dire tirer du néant) pour céder la place à une seconde phase d'élaboration qui se veut plus technique. Car dans ce second temps, il s'agit de focaliser sur le thème du tableau, d'élaguer tout ce qui ne le soutient pas et d'accentuer au contraire tout ce qui peut le renforcer. Cela se fait en peaufinant et la composition et la couleur mais tout en conservant une facture idéalement assez souple, si le tableau est réussi. Car j'aime que mes tableaux conservent une certaine trace du chaos original qui les a engendrés et c'est pourquoi je souligne parfois cette trace soit en grattant la surface pour récupérer certains éléments plus anciens, soit en conservant des textures qui, bien qu'elles ne soient plus forcément en relation avec le thème actuel, témoignent de sa genèse. Enfin, la petite touche finale visant à "allumer" le tableau est souvent réalisée par l'application de glacis de la même manière qu'on utilise le sel pour relever la saveur d'un bon plat.

Enfin, mes tableaux évoquent souvent des thèmes qui m'interpellent comme la nature, la spiritualité et l'environnement.